Sélectionner une page

Pour ceux qui pataugent, l’injonction paradoxale c’est une double demande que l’on ne peut réaliser ensemble et dont l’exemple typique est “vite et bien” (si on fait vite, il faut accepter que ce soit moins bien et si on fait bien, il faut accepter que cela prennent du temps. Le sparadrap, c’est cette chose collante que les parents prennent plaisir a retirer d’un coup sec quand il y a un petit bobo sur le genou de la petite dernière.

Après avoir passé de nombreuses pauses café avec des experts dans un nombre incalculable de domaines divers et variés, il y a une constante qui en ressort : la qualité en entreprise. Personne ne veut en faire (ou presque personne). Alors pourquoi ne pas la faire vite et bien et on n’y pense plus ? C’est peut être une question de nature de la qualité ⇒ penser la méthode plutôt que le contenu pour avoir un contenu qui répond aux impératifs sans avoir à y retourner toutes les 5 minutes. La méthode de l’organisation comme modérateur de l’injonction paradoxale, ça peut être pas mal ?!

 

Réussir à comprendre ses collaborateurs

Et si on allait plus loin dans l’injonction paradoxale pour comprendre les choix de vos collaborateurs et des personnes en général. Pourquoi les personnes qui nous entourent prennent telle ou telle décision  ? Quand on aime la statistique et la gestion des risques, c’est une question qui est perpétuelle et surtout en perpétuel mouvement. Qui n’a pas été confronté au paradoxe qui dit d’une part, il te faut un assurance (voiture, maison, voire contrat de mariage…), il te faut un contrat etc etc etc. et d’autre part, qui n’a jamais entendu “il faut prendre des risques pour réussir”, “ce placement est risqué mais il rapporte”, etc etc etc. Ca veut dire quoi ? Que propose t-on finalement ? Sommes-nous dans une culture de la sécurité et de la maîtrise avec la promesse de la stabilité au prix de la médiocrité ou dans la culture du risque en jouant sur la probabilité qu’un petit nombre (mais qui sera très visible) réussira (au prix de la majorité dont on détournera le regard). À cette situation qui tiraille chacun d’entre nous, il faut ajouter 2 niveaux de complexité : l’individu et le temps.

L’individu où on peut associer à chacun une flopée d’étiquettes qui le caractérise : son histoire, ses expériences, son caractère, sa perception de son environnement, son entourage, ses responsabilités et sa perception de ses responsabilités, et même sa propriété (celui qui n’a pas un rond en poche ne prendra pas les mêmes décisions que celui qui a largement de quoi ne pas se soucier de l’ISF alors qu’il le paye).

D’un autre côté, vous avez l’influence du temps : qui n’a jamais pris un risque qu’il n’aurait pas pris la semaine précédente juste parce qu’il en a marre ? Qui ne s’est pas lancé dans une nouvelle expérience parce que ce n’est plus l’heure ou qu’il n’a plus l’âge ?

C’est en écoutant le monde du travail que j’en suis arrivé à une conclusion : l’homme d’aujourd’hui n’est pas adapté à l’organisation actuelle (ou pense ne pas l’être). Nous avons 2 solutions : changer l’organisation ou changer l’homme. On dit dans le petit monde de la gestion du travail et de l’ergonomie que “c’est le travail qui doit s’adapter à l’homme et non l’inverse”. À côté de ca, on dit que le travailleur doit être continuellement formé pour répondre à l’évolution du travail. OK. D’un autre côté, le gouvernement cherche actuellement à faciliter la flexibilité du travail pour favoriser l’emploi. Pour ca, il permet aux entreprises de prendre moins de risque quand à la gestion des fins de contrat (quelle que soit sa nature).

Si on regarde l’employeur, ses contrainte et ses besoins, ça parait logique. Si on regarde le salarié, (on a une “certaine” vision via les syndicats) qu’est ce qu’il veut. Il veut de la sécurité, de la certitude. Pourquoi ? Parce que lui, il a aussi fait des choix : il a une maison et donc un emprunt de 25 ans, il a une voiture dont il lui reste 40 mensualités sur sa LOA. Il a un enfant dont il devra s’occuper pendant 30 ans (effet Tanguy oblige) donc il a besoin de voir l’avenir avec un minimum d’injonction paradoxale et sera moins enclin à être joueur. Le problème du monde du travail actuellement, c’est que celui qui joue peut ne pas être celui qui subit (et c’est vrai dans les 2 sens).

 

Une piste de travail qui n’est qu’une piste : est-ce que ce ne serait pas sympa de flexibiliser plus mais avec une contrepartie. Ce qui fait peur au gens, c’est de ne plus être en mesure d’assurer l’avenir, rares sont ceux qui sont fondamentalement attaché à leur chaise de bureau ou à leur fraiseuse. Est ce qu’on pourrait pas dire aux entreprises : « OK, vous pouvez employer et licencier mais avec l’obligation de vous occuper du reclassement. » D’un autre côté il faut que le salarié accepte le mouvement. Parfois, ce sera moins bien, d’autres ce sera mieux mais dans tous les cas, ce ne sera pas catastrophique. Je vois déjà la critique : les salariés ont des enfants qui vont à l’école, des conjoints qui ont aussi un boulot etc… oui, c’est à prendre en compte mais ca peut peut-être se réfléchir.

Pour conclure, il n’y a qu’un pas (ou deux) pour aller de l’injonction paradoxale jusqu’à refaire le monde. 

S'inscrire à la newsletter

S'inscrire à la newsletter

Rejoignez la newsletter pour recevoir les derniers articles ! Pas de spam ! :-)

Merci pour votre inscription !