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Je pourrais vous parler de l’organisation du travail en parlant des efforts nécessaires pour son entretien et son évolution, de l’enregistrement des petites défaillances et les conséquences sur le long terme de leur accumulation. Ce serait de l’amélioration continue pure et dure. Le thème que je voudrais aborder concerne plutôt la nécessité de la rupture, des raisons qui nous font partir sur des bases neuves (sachant qu’il faut au préalable évaluer les conséquences et l’énergie à fournir pour alimenter cette rupture).

Quand faut y aller, faut y aller !

Formalisée depuis quelques décennies et “normalisée” sous les différentes normes que l’on s’auto-inflige (ça n’a rien de douloureux, heureusement), l’amélioration continue est devenue non seulement une méthode reconnue mais également une habitude qui relève de la méthode saine de travail. On en oublie souvent qu’elle s’oppose à une autre méthode qu’est la « Rupture« . Et dire qu’on a fonctionné aussi comme ça pendant des millénaires sans se poser de question. L’amélioration continue, on sait ce que c’est : PDCA et tout le tralala. La rupture, c’est beaucoup plus simple : on efface tout et on recommence. Cette méthode existe depuis la nuit des temps et a fait ses preuves. Elle est même évidente dès que le système n’est pas trop compliqué ou n’a pas trop de valeur. Cependant, à l’utilisation, il faut prendre en compte le fait que la rupture va induire une interruption du service. Il va également falloir prévoir d’investir du temps et de l’argent pour reprendre tout depuis la conception jusqu’à la mise en application. Enfin, quitte à faire de la rupture, autant partir de bases saines. Bien que faire de la récup’ et du bricolage, semble être une idée économique, cela n’apporte souvent que des problèmes (imaginez votre nouvelle voiture avec un moteur de Citroën BX).

 

2 méthodes, 2 situations, 2 époques, 2 timings….

La différence entre les méthodes d’aujourd’hui et celles d’un passé plus ou moins lointain (décennie ou siècle selon votre domaine de prédilection puisque l’évolution est inégale selon les domaines d’activité), c’est que les périodes de stabilité sont de plus en plus courtes. Par conséquent, les coûts relatifs d’entretien et de renouvellement sont impactés alors qu’en parallèle les investissements et enjeux augmentent.

Un petit exemple, quand vos ancêtres élevaient et dressaient des pigeons pour envoyer des message à 10km. il fallait un pigeon, un pigeonnier, de quoi le nourrir, les connaissances en matière de colombophilie (rien à voir avec Peter Falk) et de la patience.

Aujourd’hui, pour faire un téléphone portable, toujours pour envoyer des messages à 10km, il faut… Vous avez une idée du nombre de composants, des matières premières, de l’ingénierie nécessaire, des transports impliqués etc etc etc pour fabriquer un téléphone ? Le pire, c’est que le pigeonnier de mon arrière grand père (qui n’était déjà plus à l’âge du pigeon) est encore debout mais que je ne compte pas le nombre de téléphone que j’ai eu (en réalité 4, je suis un petit consommateur).

Si je résume : quand ce n’est pas cher et pas compliqué, on fait un peu d’entretien mais surtout quand ça casse, on réfléchit à trouver mieux (ça c’est de la rupture en bonne et due forme). Quand c’est plus compliqué, on réfléchit pendant l’utilisation pour optimiser les choses (vive l’amélioration continue, Cf mise à jour de windows).

En revanche, il est parfois nécessaire, même aujourd’hui, de réfléchir au moment ou une rupture est nécessaire (Cf : chaque nouvelle version de Windows !!!). J’ai été confronté à cette situation dans le cadre de mes activités professionnelles alors que je m’esquinte depuis 2 ans à faire comprendre et fonctionner (et ça fonctionne) l’amélioration continue dans la société. Le plus drôle, c’est que quand je parle de rupture, les collaborateurs sont tellement habitués à m’entendre parler d’amélioration continue qu’ils m’ont dit que c’est une certaine forme d’amélioration continue.

 

Quand c’est l’heure, c’est l’heure !

Quelles conditions ont été réunies pour que j’en arrive à parler de rupture avec mes collègues ?

La situation était la suivante : Un système qui était adapté à notre fonctionnement initial était toujours en place après 3 ans d’activité et beaucoup de changements dans la société. Cela ne fonctionnait plus ou, a minima, au prix d’efforts monstrueux. Il convenait de faire le point. Il était évident que rien ne fonctionnait et que l’adaptation aurait créé un système hybride voué à poser problème. La décision a donc été prise de se poser une journée pour mettre au point une méthode différente, plus adaptée  et qui corresponde aux besoins et aux procédures actuelles.

Ce n’est pas simple, c’est une étape assez violente pour le fonctionnement de l’activité. Il ne faut pas oublier non plus que c’est une étape qu’il faut tester et valider avant la mise en production mais ce n’est pas du temps de perdu car même si la journée semble n’avoir pas été productive d’un point de vue rendement, le nouveau système fera gagner du temps chaque jour, permettra un reporting plus efficace et une meilleure maîtrise de notre activité. Que du bonheur !

 

Et chez vous ?

Si vous avez des situations pour lesquelles une rupture est nécessaire, des commentaires quant aux difficultés liées à l’amélioration continue ou à la rupture, ou encore si vous voulez embrayer sur une discussion à propos de la résilience qu’il faudra bien qu’on aborde un jour ou l’autre, n’hésitez pas à mettre un commentaire.

Une prochaine fois, nous pourrons rentrer dans les détails et voir comment la vie d’un système peut être organisé comme une suite d’amélioration continue et de rupture ainsi que ce qui déclenche tel ou tel fonctionnement (je vous mettrai même des jolis graphiques pour faire sérieux).

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