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Einstein et la crise : En cas de crise, tout est relatif !

Einstein et la crise : En cas de crise, tout est relatif !

Quel poids devons nous donner à la nature humaine dans la gestion de crise  ?

Cette semaine un ouragan, Irma, a ravagé Saint Martin et Saint Barthélemy. 95% des îles ont été détruits et 23 personnes sont décédées.

C’est un événement dramatique et l’une de mes première réaction a été de me dire que j’étais content de ne pas être là bas. C’est cette réaction quasiment viscérale qui m’a amené à m’interroger sur la nature humaine. Je ne pouvais rien contre cette première idée et je me suis demandé comment la nature humaine pouvait impacter le traitement de la crise. J’ai donc décidé de regarder un peu les infos et de rechercher des éléments qui n’ont pas vraiment de sens et qui pourtant sont directement dictés par la situation. J’en ai trouvé beaucoup.

  • La détresse : C’est certain, ça doit être une épreuve terrible que de perdre sa maison. Je pense qu’on ne peux pas vraiment comprendre ce qu’éprouvent ces gens. Cela ne veut pas dire que je ne peux pas comprendre leur détresse. En revanche il est inutile de faire une course à l’image ou à l’interview la plus larmoyante. On dirait un concours malsain qui n’apporte rien si ce n’est abreuver ceux qui veulent être sûr de voir la personne qui souffre le plus et pouvoir dire sur facebook qu’il/elle a été témoin du pire moment de l’année. Bref, ce n’est pas plus intéressant que les gens qui ralentisse pour regarder un accident sur l’autoroute mais l’information répond aussi à la dure loi de la satisfaction client (ce n’est malheureusement pas une blague) et donc montrent ce que les spectateurs veulent voir.
  • Le pillage : Tout a été détruit. et quand on a besoin de quelque chose, que ce quelque chose est disponible et vital, il est facile de se mettre à la place de ceux qui vont aller récupérer un paquet de riz ou un pack d’eau. Difficile de les blâmer. Est-ce que c’était prévisible ? Probablement. Est-ce qu’il faut l’empêcher ? La raison et la morale disent que oui. La logique et la pratique… je ne me prononcerais pas (ce que je peux me permettre parce que je n’ai aucune échéance électorale en vue).
    • On a aussi vu : un pillage massif de télés et autres bidules qui servent à tout sauf à survivre. Quelle est le poids de la détresse dans la prise de décision qui consiste à envoyer un pavé dans une vitrine et à la finir a coup de pied  ? Est-ce qu’on est dans la nature humaine profonde. ? Est ce que c’est dû au passif de ceux qui vivent la bas et sont confrontés tous les jours à ce sentiment d’injustice supporté par les inégalités sociales ?!
    • On a pu également voir un statut “entre 2” : Un vol pour manger mais l’interview de ceux qui volent montre qu’ils considèrent cet acte comme “normal”. “C’était éventré alors je suis entrée et j’ai pris des choses, c’est normal”. Comme je l’ai déjà dit, je ne peux pas me mettre à leur place mais est-ce que leur analyse de la situation a été perturbée au point de considérer normal d’aller se servir chez les autres ? Un psychologue n’est probablement pas un luxe pour faire un plan de gestion de crise efficace.

 

J’ai ensuite trouvé encore plus d’info sur la nature humaine mais celle qui est moins viscérale et plus politique. Je pensais faire 2 articles mais quand je traite les informations, je retrouve la même sensation d’obligation “par nature”.

  • la critique de la gestion de crise
    • la récupération politique par …. beaucoup de gens
  • la présence du président de la république sur place qui n’a pas de sens et pourtant, il n’a pas le choix. Honnêtement, si vous aviez perdu votre maison, qui voudriez-vous voir, un gars qui va vous aider à reconstruire et 15 tonnes de parpaings ou un président qui va vous serrer la paluche et vous dire qu’il pense très fort à vous ?

 

Je ne veux pas faire de politique (je crois que je l’ai déjà dit), ce qui m’intéresse c’est le traitement des événements. Je dois admettre que je suis un peu déçu mais je ne sais pas ce qui me déçoit le plus.

  • ceux qui se trouve dans la boue jusqu’aux genoux et qui vont casser la maison du voisin pour récupérer la télé,
  • ceux qui récupèrent le traitement pour en faire une attaque politique,
  • ou ceux qui, en restant bien loin de tout ca, se permettent de critiquer une action dont ils ne savent presque rien.

 

Deux choses me gêne personnellement : Je n’ai que ce qu’on me retranscris pour me faire une idée (et j’ai déjà parlé des filtres et de la perception)

J’ai du mal a savoir si je fais parti d’une des catégories ci dessus. je n’espère pas. J’espère que je peux prendre le dessus sur ma nature pour ne pas en arriver là.

 

La gestion de la sécurité

Pour les courageux qui n’ont pas encore abandonné la lecture, si nous faisions, non pas une critique mais une suggestion concernant la gestion de la sécurité histoire d’imaginer qu’au lieu de tout reconstruire exactement comme c’était (que ce soit les maisons ou les procédures de gestion de la crise).

Tout est détruit, est ce qu’on reconstruit à l’identique ? Est-ce qu’on reconstruit plus solide (si oui, comment ?). On peut aussi se demander si cela a un sens de reconstruire plus solide ? La résilience peut résider dans la faculté à reconstruire. Est ce que ça ne vaut pas le coup de se dire que construire sous un certain seuil de résistance n’a pas d’intérêt ? On obtiendrait ainsi une sorte de courbe en escalier de la résistance utile en fonction de l’investissement. La résistance étant calculée en fonction de la probabilité de destruction et en fonction de la probabilité d’avènement des événements redoutés. De plus, cette courbe n’est pas statique. Les nouvelles technologies, les conditions économiques, etc.  de la construction entraînerait une modification constante de cette courbe. Il y a de quoi se poser des questions…

En plus de cette logique de construction, la gestion de la crise peut être revue. Ainsi que la communication. Plus j’écoute la radio et plus j’écoute les critiques, plus je me dis que les têtes pensantes de la gestion de crise se sont postés devant leur ordi pour attendre que la tempête passe et voir ensuite les résultats. En réalité, (malheureusement, je n’ai pas assez d’infos pour être affirmatif) je suis convaincu que le plan d’action était en place longtemps avant l’arrivée de la tempête mais d’une part, on ne peut peut pas forcer les gens à partir et d’autre part, on ne peut pas envoyer des gens en “prévention” et leur dire d’attendre le passage et risquer leur vie pour agir.
Ceci dit, ça m’énerve de voir tout le monde râler alors que quand on voit l’état des îles et le bilan en terme de vies perdu, on se dit qu’il y a quand même du bon dans l’histoire. Si on compare au tsunami en Thaïlande, on peut se faire une idée.

Enfin, la critique qui m’énerve probablement le plus c’est celle qui consiste à dire que le gouvernement n’a pas envoyé assez de force de l’ordre pour prévenir les pillages. Non de zut, si les gens étaient moins stupides, au lieux d’envoyer 500 gendarmes, on pourrait envoyer 500 reconstructeurs !

Doit-on prendre en compte la nature humaine dans ce qu’elle a de plus discutable lorsqu’on prépare un plan de gestion de crise ?

 

La communication est la clé

Et si on communiquait à propos de la gestion des risques ? Et si on mettait des mots sur la gestion des risques que chacun pratique au jour le jour ?

L’action que l’on prévoit pour gérer les risques est toujours pondérée par la probabilité de survenue, le coût des conséquences et la vraisemblance de la situation. Si ce n’était pas le cas, je me serais déjà barricadé pour me protéger d’une éruption volcanique consécutive à une météore qui aurait eu la bonne idée de s’écraser dans le jardin du voisin. Ça semble débile mais c’est exactement le calcul qui est fait par tout gestionnaire de risque. Ce n’est pas quand l’événement redouté survient qu’il faut critiquer les éléments mis en place, ce serait plutôt quand on définit les seuils de la prévention mais ça, je ne l’entends pas dans la bouche de ceux qui râlent pour passer 15 secondes à la télé…

 

J’oubliais presque qu’il faut aussi penser que quand on gère une crise, souvent, on en gère une et quand on gère des risques, on gère certes des probabilité de l’ordre de 10-3 à 10-8 mais on en gère des milliers !

 

 

Sparadrap et injonction paradoxale sont dans un bateau…

Sparadrap et injonction paradoxale sont dans un bateau…

Pour ceux qui pataugent, l’injonction paradoxale c’est une double demande que l’on ne peut réaliser ensemble et dont l’exemple typique est “vite et bien” (si on fait vite, il faut accepter que ce soit moins bien et si on fait bien, il faut accepter que cela prennent du temps. Le sparadrap, c’est cette chose collante que les parents prennent plaisir a retirer d’un coup sec quand il y a un petit bobo sur le genou de la petite dernière.

Après avoir passé de nombreuses pauses café avec des experts dans un nombre incalculable de domaines divers et variés, il y a une constante qui en ressort : la qualité en entreprise. Personne ne veut en faire (ou presque personne). Alors pourquoi ne pas la faire vite et bien et on n’y pense plus ? C’est peut être une question de nature de la qualité ⇒ penser la méthode plutôt que le contenu pour avoir un contenu qui répond aux impératifs sans avoir à y retourner toutes les 5 minutes. La méthode de l’organisation comme modérateur de l’injonction paradoxale, ça peut être pas mal ?!

 

Réussir à comprendre ses collaborateurs

Et si on allait plus loin dans l’injonction paradoxale pour comprendre les choix de vos collaborateurs et des personnes en général. Pourquoi les personnes qui nous entourent prennent telle ou telle décision  ? Quand on aime la statistique et la gestion des risques, c’est une question qui est perpétuelle et surtout en perpétuel mouvement. Qui n’a pas été confronté au paradoxe qui dit d’une part, il te faut un assurance (voiture, maison, voire contrat de mariage…), il te faut un contrat etc etc etc. et d’autre part, qui n’a jamais entendu “il faut prendre des risques pour réussir”, “ce placement est risqué mais il rapporte”, etc etc etc. Ca veut dire quoi ? Que propose t-on finalement ? Sommes-nous dans une culture de la sécurité et de la maîtrise avec la promesse de la stabilité au prix de la médiocrité ou dans la culture du risque en jouant sur la probabilité qu’un petit nombre (mais qui sera très visible) réussira (au prix de la majorité dont on détournera le regard). À cette situation qui tiraille chacun d’entre nous, il faut ajouter 2 niveaux de complexité : l’individu et le temps.

L’individu où on peut associer à chacun une flopée d’étiquettes qui le caractérise : son histoire, ses expériences, son caractère, sa perception de son environnement, son entourage, ses responsabilités et sa perception de ses responsabilités, et même sa propriété (celui qui n’a pas un rond en poche ne prendra pas les mêmes décisions que celui qui a largement de quoi ne pas se soucier de l’ISF alors qu’il le paye).

D’un autre côté, vous avez l’influence du temps : qui n’a jamais pris un risque qu’il n’aurait pas pris la semaine précédente juste parce qu’il en a marre ? Qui ne s’est pas lancé dans une nouvelle expérience parce que ce n’est plus l’heure ou qu’il n’a plus l’âge ?

C’est en écoutant le monde du travail que j’en suis arrivé à une conclusion : l’homme d’aujourd’hui n’est pas adapté à l’organisation actuelle (ou pense ne pas l’être). Nous avons 2 solutions : changer l’organisation ou changer l’homme. On dit dans le petit monde de la gestion du travail et de l’ergonomie que “c’est le travail qui doit s’adapter à l’homme et non l’inverse”. À côté de ca, on dit que le travailleur doit être continuellement formé pour répondre à l’évolution du travail. OK. D’un autre côté, le gouvernement cherche actuellement à faciliter la flexibilité du travail pour favoriser l’emploi. Pour ca, il permet aux entreprises de prendre moins de risque quand à la gestion des fins de contrat (quelle que soit sa nature).

Si on regarde l’employeur, ses contrainte et ses besoins, ça parait logique. Si on regarde le salarié, (on a une “certaine” vision via les syndicats) qu’est ce qu’il veut. Il veut de la sécurité, de la certitude. Pourquoi ? Parce que lui, il a aussi fait des choix : il a une maison et donc un emprunt de 25 ans, il a une voiture dont il lui reste 40 mensualités sur sa LOA. Il a un enfant dont il devra s’occuper pendant 30 ans (effet Tanguy oblige) donc il a besoin de voir l’avenir avec un minimum d’injonction paradoxale et sera moins enclin à être joueur. Le problème du monde du travail actuellement, c’est que celui qui joue peut ne pas être celui qui subit (et c’est vrai dans les 2 sens).

 

Une piste de travail qui n’est qu’une piste : est-ce que ce ne serait pas sympa de flexibiliser plus mais avec une contrepartie. Ce qui fait peur au gens, c’est de ne plus être en mesure d’assurer l’avenir, rares sont ceux qui sont fondamentalement attaché à leur chaise de bureau ou à leur fraiseuse. Est ce qu’on pourrait pas dire aux entreprises : « OK, vous pouvez employer et licencier mais avec l’obligation de vous occuper du reclassement. » D’un autre côté il faut que le salarié accepte le mouvement. Parfois, ce sera moins bien, d’autres ce sera mieux mais dans tous les cas, ce ne sera pas catastrophique. Je vois déjà la critique : les salariés ont des enfants qui vont à l’école, des conjoints qui ont aussi un boulot etc… oui, c’est à prendre en compte mais ca peut peut-être se réfléchir.

Pour conclure, il n’y a qu’un pas (ou deux) pour aller de l’injonction paradoxale jusqu’à refaire le monde. 

Stéréotype de l’aspirateur !

Stéréotype de l’aspirateur !

En pleine phase de recrutement, la société cherche du monde et se pose une question : Qui choisir ?

Nous sommes en plein dans la problématique de la gestion des compétences. Nous avons déterminé la liste des compétences dont nous avons besoin et nous épluchons des CV pour trouver celui qui correspond à nos exigences et à nos contraintes. Est-ce que la problématique se résume à ça ?

En y réfléchissant, j’ai trouvé 3 sujets d’étude :

  • Le gouvernement proposé par Edouard Philippe et nommé par Emmanuel Macron (oui, ce jeu de rôle est un peu bizarre mais on en reparlera dans un autre sujet)
  • Les sages femmes
  • Ma vaisselle !

 La parité n’est pas une fatalité !

« La bonne personne au bon poste »  ! On a tous entendu ça un bon nombre de fois et ça semblait à peu près clair mais est ce que ça l’est ?

Qu’est-ce que « la bonne personne » ? J’ai commencé sérieusement à me poser la question quand ils ont commencé à parler de parité pour les prochains rendez-vous politiques. Ne vous méprenez pas, je suis à 120% pour la parité. Je suis aussi à 120% contre l’idée de chercher la parité. Intuitivement, je ne vois pas pourquoi la parité ne serait pas une conséquence du fait qu’on ne s’occupe pas d’elle. À un détail près, il ne faut pas négliger le fait qu’elle sera “automatique” uniquement quand les femmes et les hommes seront autant représentés les uns que les autres dans le monde politique donc qu’ils et elles auront les mêmes possibilités (je ne veux pas parler de chances) et surtout qu’ils et elles auront les mêmes affinités avec la politique.  

Des sages hommes ?

Je m’embourbe dans des explications compliquées pour un problème simple juste pour faire du “politiquement correct” ! Si ça ce n’est pas paradoxal ! Donc pour être plus correct, je vais faire cette critique avec les sages femmes : environ 1% des sages femmes sont des hommes. Vous imaginez si un directeur de maternité voulait la parité dans son service ! Et pourtant, ca ne choque personne (ce serait même plutôt la présence d’hommes qui choque). Demandez vous une minute pourquoi et vous verrez que la parité n’est pas une condition intéressante. Pourquoi l’est-elle dans le gouvernement ? Je suis conscient que la réalité de la recherche de la parité est une réponse à l’histoire qui minimise la place des femmes aux postes à responsabilité et dans la société en général. Mais plutôt que de chercher la parité à tout prix, peut être que montrer qu’elle est évidente et ne pas tomber dans les travers historiques aurait été une bonne idée, non ? Il y a peut être mieux pour qualifier “la bonne personne”.

La vaisselle ? Question d’ergonomie.

J’ai fini de me faire un avis quand j’ai fais voler le 6eme verre de notre service de 12 en faisant la vaisselle. Après calcul, j’en ai envoyé 5 au paradis des verres et ma fille 1. J’ai bien révisé mes principes personnels et au lieu de m’auto-passer un savon, je me suis demandé pourquoi c’est moi qui casse tous les verres. Résultat : l’évier est fait pour un gaucher (ce que je ne suis pas) et est 15 cm trop bas (je mesure plus d’1m90). On ne réinvente pas l’ergonomie. En théorie, je ne suis donc pas la bonne personne ! Mais voilà, la politique familiale où l’idée de ne pas jouer au macho de service font que je me vois mal demander à ma femme de faire toute seule la vaisselle, la lessive, l’aspi (« designé » pour les moins d’1m70) etc.

Pour en revenir à notre recrutement, est-ce que la bonne personne pourrait ne pas être forcément la plus performante ? Est-ce qu’on doit trouver la bonne personne en fonction de ses tâches, ses compétences, mais aussi de ses caractéristiques au mépris du fait que quelqu’un au moins aussi disponible pourrait beaucoup mieux convenir ? Ce n’est pas très lean, 5S et autres ça !

Finalement, à quoi servent les quotas ? À déplacer la définition de la bonne personne ?

Ceci dit, je comprends aussi la position des recruteurs qui doivent gérer leur incertitude avec les éléments dont ils disposent. C’est aussi pour cela que certains utilisent des batteries de tests plus ou moins discutables (et qu’ils devraient s’auto-infliger de temps en temps, on aurait probablement des surprises).

Finalement, la solution est peut être plus compliquée qu’il n’y paraît !

PS : Étrangement, personne ne vient contester le fait que je suis la bonne personne pour faire les vitres !

Un pour tous et tous pour un. Ils ne croyaient pas si bien dire….

Un pour tous et tous pour un. Ils ne croyaient pas si bien dire….

 

 Seul contre tous… mais ce n’est pas moi qui gagne (on n’est pas dans un James Bond !)

Je vous ai déjà parlé de ma voiture. Elle est toujours vieille et elle pollue. J’ai décidé d’en changer et je me suis confronté à un problème car j’ai pris de bonnes résolutions : Je veux une voiture qui pollue moins (je reste réaliste) et qui corresponde à mes besoins. Je vais donc faire le tour des concessionnaires de la région et je me trouve devant un dilemme. Étant donné les habitudes de la population générale, la voiture que je veux n’est pas disponible.

Si j’analyse, j’ai pris l’intérêt général en considération  : l’environnement, la santé de la planète et de mes concitoyens. À ces bonnes résolutions se heurtent mes intérêts personnels car pour des raisons de budget, je ne peux pas acheter une voiture neuve (et je ne veux pas) et je me heurte aux intérêts individuels de mes concitoyens. Ils voulaient tous du diesel depuis 40 ans, par conséquent, il n’y a sur le marché que du diesel. Enfin, je me heurte aux intérêts du vendeur de voiture qui à un stock à écouler.  

Quelles sont mes solutions ? Quelles sont les concessions que je suis en mesure de faire ?

 

L’efficience au profit du caleçon !

Et si on généralise un peu, quand il s’agit de faire des choix pour soi ou pour les autres, il faut sans cesse prendre en compte que l’on considère les intérêts globaux uniquement dans un enchevêtrement d’intérêts personnels. Et même si les intérêts généraux sont fondamentaux, même s’ils sont énormes, même s’ils auront des retombées très générales, ils seront toujours soumis aux intérêts individuels.

Pour résumé : on protège ses fesses de la façon la plus économique possible (et on n’hesite pas a sacrifier l’intérêt du groupe). 

 

Une opposition connue et donc prévisible…. et qui a des conséquences !

J’ai retrouvé une illustration de la difficulté à gérer les différents types d’internet en écoutant la radio. Soyons clairs, je tiens a précisé que je ne fais pas de politique, je me contente d’observer et retranscrire. J’ai entendu que le gouvernement (comme les précédents) souhaite se pencher sur les inégalité des régimes de retraite et diminuer les inégalités (ils ont visiblement fait une croix sur l’idée de les supprimer) entre les différents régimes (une quarantaine de régimes et quelques centaines de sous catégories). L’idée semble pourtant simple : Dans l’intérêt de tous (économique, social, etc) un système unique et équivalent pour tous serait l’objectif. Au final, le gouvernement prévoit une avancée significative en 10 ans sachant qu’ils pensent être très performants car les têtes bien pensantes estiment qu’il leur faudra 17 ans.

Problème (et le gouvernement y pense avant même de mettre la première idée sur la table) :  il risque d’y avoir des grèves à tout bout de champ. Pourquoi il y aurait des grèves ? Parce que chacun pense a ses fesses (l’intérêt personnel passe avant tout) même si c’est pour l’intérêt collectif (et donc les fesses du conjoint, des enfants, des voisins, des amis, etc… ). C’est vrai au niveau de l’individu, mais également au niveau du groupe par rapport à l’ensemble des groupes (que ce soit un secteur, une entreprise, un corps de métier…).

17 ans pour une idée (relativement simple) d’égalité. Ne serait-ce pas déjà l’idée de l’échec …

 

Quand on a du pouvoir, faut-il l’utiliser à des fins personnelles ?

Ah… une grève des chauffeurs routier et une interview d’un leader syndical à la radio : le bonheur de la considération ! Si je résume : “on bloque les gens parce que si le gouvernement change quelque chose dans notre situation, on est mal”. Et après, qui peut me dire que l’intérêt personnel ne passe pas avant l’intérêt commun ? (Ceci dit, les réformes doivent être surveillées pour ne pas dégrader des conditions de travail souvent difficiles. De là à tout refuser en bloc…).

 

Finallement… Seul parmi tous…

Je ne suis pas titulaire d’un diplôme de science po, de l’ENA ou autre structure générant nos politiques et dirigeants et donc j’ai peut être dit un monceau de bêtises, je n’ai peut-être pas le recul, les compétences et les connaissances nécessaires pour avoir une vue d’ensemble des difficultés de cette réforme.  Cependant, je dispose des mêmes infos que celles dont disposent les 30 millions de personnes qui votent pour nos élus…. C’est peut être à réfléchir aussi…

Quand le melting-pot fonctionne : le mélange des genres est salutaire

Quand le melting-pot fonctionne : le mélange des genres est salutaire

Comme beaucoup de gens, j’ai des sujets de prédilection. Parmi eux, la genèse et l’utilisation des idées préconçues est en bonne place. Une remarque d’un chef d’entreprise qui souhaite avoir une démarche responsable (la RSE est peut être un effet de mode qui ne durera pas mais ses intentions peuvent être louables) m’a fait m’interroger sur la place des QHSE dans l’entreprise et notamment sur le fait que l’inconscient collectif fait maintenant souvent l’amalgame entre la gestion de la qualité, de la sécurité, de l’environnement (et l’hygiène, je n’en parle même pas).

Et pourtant, là deux écoles s’opposent : d’une part, les normes (l’ISO en tête) souhaitent une homogénéisation des exigences, dans la limite du raisonnable) et d’un autre côté, ceux qui gèrent l’hygiène, la sécurité, la qualité et l’environnement savent que les 4 éléments ne se gèrent pas de façon identique. Les objectifs sont différents mais surtout l’impact sur les personnes et leur conception de ces domaines ainsi que leurs attentes sont différentes. Leur volonté, leurs consentement à investir (en terme d’argent ou temps notamment) sont très différents. Tout ceci impacte la façon dont nous pouvons gérer la qualité, la sécurité, l’hygiène et l’environnement.

Revenons à ce chef d’entreprise. ​Ce matin, au détours d’une machine à café surexploitée, il me dit : « La qualité, ici, franchement, ça nous fait plutôt perdre du temps. »

 Je n’étais pas super enthousiaste à cette idée et finalement, je me suis souvenu de mes premiers pas dans la qualité et dans la sécurité industrielle. ​On m’a dit un jour : La qualité et la sécurité sont des métiers ingrats. Quand ça ne fonctionne pas on vous tombe dessus et quand ça fonctionne, on vous dit que vous ne servez à rien. J’en étais convaincu mais jusqu’à ce matin, c’était de la théorie. maintenant, c’est concret. Je ne sers à rien (en apparence, je vous rassure).

L’environnement

Je me dis qu’il y a une évolution à rechercher et surtout quelque chose à analyser. Je me suis d’abord penché sur le cas de l’environnement (le E de QHSE n’est pas là que pour la déco). Autant la qualité, la sécurité et l’hygiène sont soumis à cette règle :  inefficace = visible et négatif / Efficace = invisible et neutre, autant la gestion de conditions environnementales est plus permissive concernant les résultats attendus.

Je ne sais pas si c’est parce que l’action environnementale est basée sur les bonnes intentions sans attendre de résultat visible. Quand on travaille pour l’environnement, on travaille pour un projet plus grand que ce que notre conscience est capable de prendre en compte (et c’est probablement pour ça que beaucoup de projet échouent et qu’ils sont traités en seconde intention). On remarque donc que les attentes sont différentes quand on traite d’environnement. On entre dans le cadre d’un domaine qui fait en parti, appel à l’altruisme de chacun. La part que chacun souhaite pour soi-même concernant la gestion des problèmes environnementaux est relativement faible. On pense à ses enfants, à la planète voir aux bébés phoques, la part réservée à soi est plutôt de l’ordre esthétique. Je préfère avoir une forêt propre en face de la fenêtre de ma chambre qu’une usine polluante. Vous remarquerez que je ne traite pas de la toxicité de la pollution car elle se gérerait plutôt comme de la sécurité et non de l’environnement.

L’analyse de l’échec

L’investissement consenti est directement lié à cet aspect altruiste. C’est aussi ce qui explique le taux d’échec des démarches de gestion de l’environnement. Ce que je trouve d’autant plus magique, c’est que cette observation est valable depuis la plus insignifiante des actions jusqu’à la politique gouvernementale voir internationale.

Pour ceux qui ne seraient pas convaincus, regardez comment est géré le tri des déchets !

Prenez une gare avec une poubelle “normale” et une poubelle “recyclable”. Si vous avez un tri, c’est bien. Si vous mettez la poubelle pour le recyclage 2 mètres après la poubelle “normale” observer les personnes qui accepteront de faire les 2 mètres supplémentaires !!!

Au plan national, on peut facilement comprendre qu’en cas de politique interne compliquée, la protection de l’environnement passe au second plan. Je ne parle pas de la prochaine réforme des régimes spéciaux d’une centaine de parlementaire mais plutôt d’une épidémie, une révolution sociale voir une guerre. En bref, pour traiter les problématiques environnementale, il faut prendre en compte que tout ce que vous ferez passera après l’intérêt personnel. Profitons-en et essayons de retourner la situation et faisant l’inverse (vous remarquerez rapidement que c’est l’idée de certaines politique) : puisque l’effort individuel et difficile pour un petit bénéfice commun, faisons un effort collectif pour un bénéfice individuel ! Outre les considérations politiques, nous pouvons le mettre en pratique a l’échelle d’une société (évidemment dans la mesure du raisonnable, encore et toujours). Je ne sais pas si vous avez remarqué mais il est plus facile de dépenser l’argent commun que le sien. De plus, les bénéfices sont à mettre au profit de chacun que ce soit dans la qualité de vie au travail ou en flattant l’égo de vos collaborateurs.

 

J’aime bien l’idée. La semaine prochaine, j’achète une plante à mettre au milieu du bureau (et je mets en place un recyclage des piles usagées.

 

La qualité

 

On ne peut pas traiter la qualité et la sécurité comme on traite l’environnement (du moins du point de vue de la gestion au quotidien par les acteurs eux même). Ce n’est probablement pas le bon angle d’attaque. Cette fois encore, il faut regarder où sont les intérêts et meme avec ça, je vous assure que ce n’est pas simple. Cette fois, l’intérêt, il est au niveau du groupe donc nous ne sommes plus dans le cas d’un altruisme effréné mais dans le bénéfice du groupe. À cela il faut ajouter une composante qui est très limité dans la gestion de l’environnement : la perception de sa place dans le groupe. Après quelques temps à observer les personnes qui m’entourent (et à m’observer moi même) j’en suis arrivé à la conclusion que tout le monde pense être le centre du monde et ne souhaite qu’une chose c’est que le monde s’adapte.  En prime, chacun ne percevant le monde que par sa propre perception, chacun pense que sa façon de faire est bonne ou au moins suffisante. Alors pourquoi se fatiguer ? (ha oui, une accident c’est possible ?! J’y reviendrai plus tard).

On a donc pour la gestion de la qualité un cas dans lequel il faut prendre en compte que c’est l’intérêt du groupe “entreprise” qu’il faut faire valoir et user de persuasion et de conviction pour amener la perception de l’intérêt individuel vers (voire dans) l’intérêt du groupe. Soyons pragmatique, le plus simple (pas forcément le meilleur) c’est de faire appel au leadership et à la chaîne hiérarchique d’où l’importance que l’on donne à l’implication de la direction.
Personnellement, je me suis lancé dans une croisade (même si je sais que les croisades n’ont pas vocation à finir dans la joie et la bonne humeur). Je voudrais que nous parvenions à avoir un management de la qualité participatif dans lequel le pouvoir accordé à la direction ne serait pas mis à contribution. (je m’auto souhaite bonne chance!)

 

La sécurité : jusqu’ici, tout vas bien.

La gestion de la qualité n’apparaît nécessaire que quand tout va presque mal. En effet, passer un certain stade, personne ne vient râler quand les circonstances sont catastrophiques. C’est étrange parce qu’on est quand même un peu responsables puisque la sécurité de l’organisme relève en partie de nos fonctions. La sécurité, en revanche, c’est l’inverse. Quand c’est irrécupérable, c’est de notre faute. Avant, c’est la faute à pas de chance et encore avant, c’est “t’inquiète, je gère”.
Si la qualité est un monde de perception, celui de la sécurité serait celui de la gestion de l’incertitude. À cela il faut ajouter que dans tous les cas, ce que l’on souhaite, c’est parer à l’impensable.
Pas facile de convaincre quand on demande d’investir pour que quelque chose que l’on ne souhaite pas et qui plus est délétère ne se produise. Qui ne préfère pas penser à ses prochaines vacances ?  ça, l’industrie automobile l’a bien compris. En plus, c’est bon pour eux parce qu’une voiture qui s’encastre dans un arbre, ce n’est certes pas bon pour les passagers mais ce n’est pas bon aussi pour la marque. Du coup : faisons de la “sécurité cool” ! Toute personne ayant acheter une voiture sait que les vendeurs sont intarissable sur l’intérêt de toujours rajouter les dernières options à la mode. Il y a quelques années, on vous vendait un ABS, un correcteur électronique de trajectoire (ESP) ou plus récemment un détecteur de collision (qui ne fait son boulot que si il détecte les risques de collision et non les collisions elles mêmes !). Après, on en fait des équipement de série etc… En somme, on fait de la sécurité cool et on en profite pour jouer avec le consentement à investir.

Pour faire de la sécurité, le mélange des genres à donc du bon. Cependant, je n’ai pas encore réussi à rendre la gestion des risques et la mise en oeuvre des actions de mon document unique suffisamment cool pour ne plus avoir à rappeler qu’il faut savoir se protéger et non se dire qu’on est à l’abris.

 

J’ai donc regardé ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.

  • Ce qui ne fonctionne pas ou mal : la qualité pure avec un objectif plus ou moins communs et souvent indirect
  • Ce qui fonctionne : ce qui à un intérêt direct (et en aucun cas indirect) sur l’acteur (qui n’est pas content de faire une demande de congés ?)
  • Ce qui fonctionne avec certains et pas avec d’autres : Ce qui concerne uniquement l’acteur lui même (c’est paradoxal quand on sait que ce qui impacte d’autres acteurs est souvent mieux perçu).

Ma piste de travail : Peut-être faut-il fusionner des domaines différents !